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Ouvrir un compte pro & choisir sa banque d'entreprise aux Antilles

Publié le 21 août 2025 · mis à jour le 15 juillet 2026
Ouvrir un compte pro & choisir sa banque d'entreprise aux Antilles

Le compte bancaire est le premier réflexe du créateur — et l’un des premiers postes où l’on paie pour rien. Beaucoup d’entrepreneurs antillais souscrivent un « compte professionnel » coûteux alors que la loi ne le leur impose pas.

Voici ce qui est réellement obligatoire, et comment choisir.

Ce qui est vraiment obligatoire

Si vous créez une société (SARL, SAS, EURL, SASU) : un compte au nom de la société est incontournable — c’est là que se dépose le capital social, et la société, personne morale distincte, doit avoir ses propres flux.

Si vous êtes micro-entrepreneur : c’est là que se joue la principale idée reçue. Vous avez l’obligation d’ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité uniquement lorsque votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.

Depuis la loi PACTE, les micro-entrepreneurs réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 10 000 € ne sont plus obligés d’avoir un compte dédié.

À noter : la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI » doit figurer sur votre compte dédié.

⚠️ Compte « dédié » ≠ compte « professionnel »

C’est la distinction qui fait économiser plusieurs centaines d’euros par an, et les banques ne la mettent pas en avant.

  • Un compte dédié est simplement un compte séparé de votre compte personnel. Un second compte courant classique suffit à remplir l’obligation.
  • Un compte professionnel est une offre commerciale bancaire, avec des frais de tenue de compte nettement supérieurs.

La loi impose au micro-entrepreneur un compte dédié — pas un compte professionnel. Si l’on vous vend un compte pro « pour être en règle », vous pouvez demander sur quel texte cela repose.

En revanche, le compte pro devient pertinent dès que vous avez besoin de services réels : terminal de paiement, encaissement de chèques en volume, accès au crédit, découvert autorisé, interlocuteur dédié.

Le droit au compte : votre filet de sécurité

C’est l’information la plus utile de cet article, et la moins connue.

Si aucune banque n’accepte de vous ouvrir un compte — situation qui arrive, notamment après un incident bancaire ou pour certaines activités jugées risquées — vous n’êtes pas bloqué. La procédure de droit au compte permet à la Banque de France de désigner une banque tenue de vous ouvrir un compte.

Points clés :

  • une fois le dossier complet réceptionné, la Banque de France désigne une banque sous 24 heures ;
  • la procédure vaut pour les comptes privés comme professionnels ;
  • elle s’applique aussi aux personnes morales — sociétés, associations — qui n’arrivent pas à ouvrir un compte.

La banque désignée doit alors ouvrir le compte et fournir les services bancaires de base. Aucune entreprise ne peut donc être définitivement privée de compte — un point d’autant plus utile dans un territoire où l’offre bancaire est concentrée.

Voir la procédure Banque de France et le formulaire de demande pour une société.

Banque locale ou néobanque ?

Les deux modèles répondent à des besoins différents. Le critère décisif n’est pas le tarif : c’est le financement et l’encaissement.

Banque localeNéobanque
Tarifsplus élevésattractifs
Créditoui — prêt, découvert, garantierarement, voire jamais
Encaissementchèques, espèces, TPEsouvent limité
Interlocuteuragence sur placeà distance
Pour quientreprise qui investit, emploie, encaisseservices, flux simples, 100 % virement

Ce qui tranche : si vous aurez besoin d’un crédit, construisez la relation bancaire tôt. Une banque prête plus volontiers à un client qu’elle voit fonctionner depuis deux ans qu’à un inconnu qui arrive avec un dossier. Une néobanque, elle, ne financera pas votre camion.

Le point antillais : si votre activité encaisse des espèces ou des chèques — commerce, restauration, artisanat —, une banque locale avec une agence physique n’est pas un luxe. Beaucoup de néobanques ne gèrent tout simplement pas ces flux.

Ce qu’il faut comparer, concrètement

  1. Les frais de tenue de compte — le seul chiffre que l’on regarde, et le moins important.
  2. Le coût réel de vos moyens de paiement : commissions du terminal de paiement, remise de chèques, dépôt d’espèces. Pour un commerce, c’est là qu’est la facture, pas dans l’abonnement.
  3. L’accès au crédit et au découvert.
  4. La qualité du service depuis les Antilles : un support joignable, dans votre fuseau horaire.
  5. Les frais sur virements internationaux si vous importez.

Le conseil qui fait la différence

Ouvrez le compte avant d’en avoir besoin. Une demande de financement se prépare des mois à l’avance : les banques regardent le fonctionnement du compte, la régularité des flux, l’absence d’incidents. Un dossier de reprise présenté à une banque qui vous connaît n’a rien à voir avec le même dossier présenté à froid.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur doit-il ouvrir un compte pro ? Non. Il doit un compte dédié, et seulement si son chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Un simple second compte courant suffit.

Et si je fais moins de 10 000 € ? Depuis la loi PACTE, aucune obligation de compte dédié. Séparer ses flux reste toutefois une bonne pratique de gestion.

Aucune banque ne veut de moi. Que faire ? Activez la procédure de droit au compte : la Banque de France désigne une banque sous 24 heures après réception d’un dossier complet. Cela vaut aussi pour les sociétés.

Néobanque ou banque locale ? Néobanque si vos flux sont simples et dématérialisés. Banque locale si vous encaissez des espèces ou des chèques, ou si vous aurez besoin de crédit.

Aller plus loin

Le compte est le socle de votre relation bancaire — et cette relation conditionne votre accès au financement. Voir notre guide financer sa TPE aux Antilles, notre page financement & aides, ou faites-vous accompagner sur la banque professionnelle en Guadeloupe.


Sources officielles : economie.gouv.fr — Compte bancaire dédié à l’activité professionnelle : est-ce une obligation ? · economie.gouv.fr — Micro-entrepreneur : quelles sont vos obligations ? · Banque de France — Interdit bancaire et droit au compte professionnel · economie.gouv.fr — Qu’est-ce que le droit au compte ?