> Notre observatoire BODACC : sur 12 mois, 1 058 entreprises de Guadeloupe et Martinique sont entrées en procédure collective. 72 % en liquidation directe, et seulement 11 sauvegardes sur les deux îles. Analyse.

*Source : https://antilles-info-business.com/blog/defaillances-entreprises-antilles-observatoire/*

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Actus

# Défaillances d'entreprises aux Antilles : 72 % de liquidations directes

Publié le 15 juillet 2026

![Défaillances d'entreprises aux Antilles : 72 % de liquidations directes](https://antilles-info-business.com/images/articles/defaillances-entreprises-antilles-observatoire.webp)

Quand une entreprise antillaise passe devant le tribunal, ce n’est presque jamais pour être sauvée. C’est pour être liquidée.

Nous avons dépouillé douze mois d’annonces du **BODACC** — le bulletin officiel où sont publiés tous les jugements des tribunaux de commerce — pour la Guadeloupe et la Martinique. Le résultat est net, et le même sur les deux îles.

## Les chiffres

Sur les **12 derniers mois complets** (juillet 2025 → juin 2026) :

Guadeloupe

Martinique

Annonces de création

6 108

5 444

**Entreprises en procédure collective**

**531**

**527**

dont **liquidation judiciaire**

**384** (72 %)

**383** (73 %)

dont **redressement judiciaire**

138

142

dont **sauvegarde**

**9**

**2**

**Environ 1 058 entreprises antillaises** ont fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure collective en un an. Et la répartition est presque identique d’une île à l’autre — ce n’est donc pas un accident local, mais un phénomène structurel.

## Le vrai sujet : 11 sauvegardes en un an

C’est le chiffre qui devrait alerter. Sur les deux îles réunies, **la procédure de sauvegarde n’a été ouverte que 11 fois** — contre **767 liquidations judiciaires**.

Or la sauvegarde est précisément la procédure conçue pour **éviter** la catastrophe. Rappel de la mécanique :

-   **La sauvegarde** s’ouvre **avant** la cessation des paiements. L’entreprise a encore de la trésorerie, elle gèle son passif, elle négocie, elle continue. Le dirigeant reste aux commandes.
-   **Le redressement judiciaire** s’ouvre **après** la cessation des paiements, quand il reste une chance de continuer.
-   **La liquidation judiciaire** s’ouvre quand le redressement est **manifestement impossible**.

Autrement dit : **72 % des procédures antillaises s’ouvrent au stade où il est déjà trop tard.** L’entreprise n’arrive pas devant le juge en difficulté — elle y arrive morte.

## Pourquoi les entreprises attendent

Aucune donnée ne dit _pourquoi_, et nous n’allons pas l’inventer. Mais le mécanisme est documenté et connu de tous les praticiens :

-   **Le tabou.** Aller au tribunal est vécu comme un aveu d’échec — d’autant plus dans un tissu économique de petite taille où tout le monde se connaît, et où la nouvelle circule vite.
-   **La méconnaissance.** Beaucoup de dirigeants de TPE ignorent l’existence même de la sauvegarde, de la conciliation ou du mandat ad hoc. Ils connaissent « le dépôt de bilan ».
-   **L’espoir.** On attend le gros contrat, la saison, le paiement du client. On puise dans la trésorerie. Quand on se décide, il ne reste rien à sauver.
-   **La taille.** Une TPE sans direction financière n’a personne dont le métier est de tirer la sonnette d’alarme.

Rappelons un point de droit que beaucoup ignorent : **le dirigeant a l’obligation de déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours**. Ne pas le faire l’expose personnellement. Attendre n’est pas neutre — c’est un risque juridique.

## Ce que ça dit du tissu économique antillais

Trois lectures, sans jugement de valeur :

**1\. C’est un tissu de TPE.** Les procédures massives et rapides frappent des structures petites, peu capitalisées, dont la trésorerie est le seul amortisseur. Notre [classement des plus gros employeurs](https://antilles-info-business.com/classements/) le confirme par l’autre bout : 29 entreprises privées seulement dépassent 250 salariés sur les deux îles.

**2\. La trésorerie est le point de rupture.** Aux Antilles, le [besoin en fonds de roulement est structurellement plus élevé](https://antilles-info-business.com/blog/financer-tpe-antilles-bpifrance-adie/) : le fret maritime allonge les délais, le stock est immobilisé plus longtemps, et l’[octroi de mer](https://antilles-info-business.com/blog/octroi-de-mer-taxe-importations/) se paie au dédouanement — **avant** d’avoir vendu. Un retard de paiement client, et la mécanique s’enraye.

**3\. La prévention n’a pas infusé.** Les outils existent, gratuits ou peu coûteux, confidentiels. Ils ne sont pas utilisés.

## Ce qu’un dirigeant peut faire — avant

Si votre trésorerie se tend, trois portes s’ouvrent **avant** le dépôt de bilan. Elles sont **confidentielles** — c’est tout l’intérêt :

-   **Le mandat ad hoc** : un mandataire désigné par le président du tribunal vous aide à négocier avec vos créanciers. Confidentiel, souple, à l’initiative du dirigeant.
-   **La conciliation** : même logique, plus formalisée, pour trouver un accord avec les principaux créanciers. Sur les deux îles, le BODACC n’en recense que **deux ouvertures en un an** — une en Guadeloupe, une en Martinique.
-   **La sauvegarde** : la procédure judiciaire ouverte **avant** la cessation des paiements.

Le réflexe qui change tout : **en parler tôt à son [expert-comptable](https://antilles-info-business.com/services/expert-comptable-guadeloupe/) ou à un [avocat en droit des affaires](https://antilles-info-business.com/services/avocat-droit-des-affaires-guadeloupe/)**. Ce sont eux qui savent quelle porte pousser, et quand.

## L’autre face : une opportunité de reprise

Ces 1 058 procédures représentent aussi des **fonds de commerce, du matériel, des équipes et des emplacements** qui cherchent un repreneur. Reprendre à la barre du tribunal permet d’entrer à un prix réduit, sur des actifs allégés d’une partie du passif.

Voir notre guide [reprendre une entreprise en liquidation ou redressement](https://antilles-info-business.com/blog/reprendre-entreprise-liquidation-redressement-antilles/) et la [bourse des entreprises à reprendre](https://antilles-info-business.com/reprendre-une-entreprise/), qui recense ces opportunités à partir du BODACC.

## Méthodologie — et ses limites

**Ce que nous avons compté.** Uniquement les **jugements d’ouverture** de procédure collective, **dédoublonnés par entreprise (SIREN)**, datés par la **date du jugement** et non par la date de parution.

**Pourquoi c’est important.** Les données brutes du BODACC comptent **2 571 annonces** de procédures collectives sur les deux îles. En publier le total comme un nombre d’entreprises en difficulté serait **faux** : sur les 1 289 annonces guadeloupéennes, **414 sont des jugements de clôture**, et le reste comprend des avis de dépôt, extraits et actes de procédure. Une même entreprise génère plusieurs annonces au fil de son parcours. Après tri et dédoublonnage : **531 entreprises**, pas 1 289.

**Sur les créations.** Le chiffre compte les **annonces de création publiées au BODACC**. Ce ne sont **pas** les statistiques officielles de création d’entreprises — celles-ci sont publiées par l’**INSEE**, selon une méthodologie différente et un périmètre plus large. Nous les utilisons comme **indicateur de tendance**, pas comme mesure absolue.

**Fenêtre.** 12 mois complets, mois en cours exclu (car partiel).

## Consulter l’observatoire

Séries mensuelles, répartition par type de procédure, détail par île :

👉 **[Observatoire économique des Antilles](https://antilles-info-business.com/observatoire/)**

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**Source :** [BODACC](https://www.bodacc.fr/) — open data (DILA), relevé du 15 juillet 2026. Périmètre : annonces publiées pour la Guadeloupe (971) et la Martinique (972).
